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Pourquoi monter ? Pour redescendre.

Je suis parti en balade et j’ai choisi pour rejoindre le pied des falaises ensoleillées de partir du fond des gorges. J’aurais pu aussi les retrouver en passant par le haut du plateau. Mais l’idée de monter me séduit plus. Car en fait je me suis projeté mentalement et surtout intérieurement dans mes ressentis pour faire le choix de ce parcours.

 

Pourquoi monter ? C’est plus difficile, plus long. Alors que par le sommet où la route y mène, c’est tout l’inverse. Mais n’avez-vous jamais remarqué quelque chose ? Remonter à la fin d’un parcours est toujours plus contraignant et laisse l’impression en soi d’un manque, d’un déséquilibre, d'un gout de quelque chose d’inachevé.

 

"Mais n’avez-vous jamais remarqué quelque chose ?"

 

Lorsqu’on gravit une montagne, on doit la descendre, toujours, à moins d’y mourir en route. En fait qu’importe la descente, à pieds, à ski, en volant tel un choucas. Ce qui est l’essence avant tout, c’est de monter, quelque soit la manière. Quand on se projette dans le ressenti de l’expérience mainte fois vécue, c’est une évidence.

 

L’énergie quelle qu’elle soit est une vibration. La vie est une vibration, une onde, qui oscille entre le creux et le pic, une vague qui ondule sur l’océan. L’énergie est un battement de cœur, qui s’essouffle puis s’expanse sans jamais s’éteindre. Le soleil au crépuscule disparait sur l’horizon ou dans l’ombre de la montagne, pour réapparaitre à l’opposé dans un grand mouvement qui le fait naître puis mourir. Le soleil monte, puis redescend. Car pour redescendre il faut monter. Car pour mourir il faut être né.

 

 "Ce qu’il y a derrière moi et que je laisse le temps de cette aventure, je le retrouverai plus tard, là cela ne m’intéresse pas."

 

Je démarre cette ascension sur ce petit sentier. Mon regard tout au long se pose vers le haut, il scrute la distance, cherche de nouveaux détails qui, petits plus tôt, deviennent maintenant visibles. Ce qu’il y a derrière moi et que je laisse le temps de cette aventure, je le retrouverai plus tard, là cela ne m’intéresse pas. Ce que je veux atteindre en montant vers ces falaises que les derniers rayons du Soleil font rougir, c’est l’inconnu, c’est la surprise. Car quand on tisse de son imaginaire le chemin d’un désir, nécessairement il y aura une rencontre là-haut. C’est bien ce que je cherche et que je compte y trouver.

 

Plus je monte, plus je m’imprègne, plus cette nature qui m’enveloppe, m’habille. Je ressens cet accord qui à chaque pas se fait plus juste. Si je souffle, c’est pour mieux relâcher ce qui ne doit pas rester en moi, comme ces gouttes de sueur sur le front. Les idées, les pensées, les émotions s’évaporent à chacun de mes pas. Plus je relâche et plus la nature me tend la main.

 

 "On y est dans la fusion, d’être arriver au bout de l’histoire où une autre se joue sous mes yeux."

 

J’y suis, le crépuscule m’attends et s’offre à cette partie du monde, à ceux qui n’oublient pas de le regarder. Comme à l’apex de la vague, sommet d’une montagne liquide en mouvement, l’énergie se pose, le temps se met en pause. On y est dans la fusion, d’être arriver au bout de l’histoire où une autre se joue sous mes yeux. Le ciel flamboie. Le Yin de la terre et le Yang du soleil fusionnent dans une gerbe d’étincelles, enlacés, jamais séparés, toujours côte à côte, dans une entraide mutuelle, un amour inconditionnel l’un pour l’autre.

 

Le jour s’efface, la lumière s’éteint en douceur. La lune est au relais, elle avait pris de l’avance comme pour participer elle aussi au spectacle, à cette communion. D’un coup d’aile et dans des cris de joie les choucas plongent dans leurs abris troglodytes. Je dois être le dernier encore ici à jouir de ce bonheur. Je sens l’énergie qui baisse, qui redescend vers la Terre, vers les profondeurs de la matrice. Pachamama veille sur ses enfants, en protectrice elle les invite à se mettre à l’abri, à se poser, à se reposer de cette longue journée. Le silence envahit l’espace tel un drap de soie, comme lorsque le rideau tombe.

 

"Je redescends, lentement, pas à pas, vers la source, là où tout a commencé."

 

Il est temps de redescendre. A ma manière je vais aussi accompagner ce mouvement céleste de décroissance, celui immuable de la vie, m’accorder à cette énergie qui maintenant m’enveloppe de calme et de douceur. Je redescends, lentement, pas à pas, vers la source, là où tout a commencé. Là haut les falaises ne sont plus que des ombres chinoises. Bientôt ce sont les étoiles qui tisseront leur toile sous le regard bienveillant de la Lune. Les battements de la terre se feront plus lents, jusqu’à s’endormir.

 

Je suis heureux d’avoir vu juste, d’avoir écouté cette petite voix qui m’a dit « monte ». Au creux, la boucle est bouclée. Quelle plénitude. Quelle paix. Vivement demain.

 

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- Jérôme Rochelle -

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